PME industrielle en Savoie : le recrutement est un problème marketing, pas de RH.
Vous manquez de candidats. Vous en êtes convaincu. Le marché est
tendu, tout le monde le dit, les chiffres le confirment.
En Savoie, 63 % des projets de recrutement dans l’industrie manufacturière sont jugés difficiles par les employeurs (enquête Besoins en main-d’œuvre 2026, France Travail Auvergne-Rhône-Alpes, publiée en avril 2026). C’est plus que dans l’industrie au niveau national, où 48 % des projets sont jugés difficiles selon la même enquête.
Mais regardez l’autre nombre, caché derrière celui-là : 37 % des projets de recrutement de ce secteur, en Savoie, ne sont pas jugés difficiles par les employeurs qui les portent.
Alors la question change. On ne se demande plus pourquoi il n’y a personne. On se demande pourquoi elles, et pas vous.
Et si le problème n’était jamais la pénurie ?
La tentation est de blâmer le marché. C’est confortable. Ce n’est la faute de personne, ni la vôtre, ni celle de votre service RH.
Certains vous diront que le vrai problème est ailleurs, dans l’organisation interne. Pas assez de process, pas assez de structure. C’est parfois vrai. Ce n’est pas de ça qu’on parle ici.
On parle d’un problème plus simple, et plus difficile à admettre. Votre entreprise est invisible avant même qu’un poste ne soit ouvert. Personne ne vous connaît, donc personne ne postule.
Un service RH parfaitement structuré ne recrute pas plus vite, s’il travaille pour une entreprise qu’on ne voit pas.

Le vrai point de friction : l’invisibilité
La plupart des PME industrielles communiquent avec leurs clients et leurs partenaires. C’est logique, ils sont leur source de chiffre d’affaires.
Le problème, c’est qu’elles finissent parfois par devenir invisibles aux yeux du reste de leur territoire. Derrière les zones industrielles et les bâtiments discrets de Savoie et de Haute-Savoie se cachent des entreprises performantes, parfois exportatrices dans le monde entier. En dehors de leur cercle professionnel immédiat, presque personne ne sait ce qu’elles font.
Le jour où elles recrutent, elles découvrent une réalité inconfortable. Elles cherchent à attirer des personnes qui ne les connaissent pas.
Deux entreprises, le même bassin, deux résultats opposés
Prenez deux entreprises savoyardes. Même taille, une cinquantaine de salariés. Même métier. Même pénurie déclarée de techniciens de maintenance.
L’une a mis six mois à pourvoir le poste. L’autre l’a fait en cinq semaines.
La différence ne tient pas à la grille de salaire. Ni aux avantages sociaux. Elle tient à ceci : un candidat, avant même de chercher un emploi, avait déjà entendu parler de la seconde entreprise. Une publication LinkedIn régulière, une intervention dans un événement local, un témoignage de collaborateur, une présence qui dit qui elle est et ce qu’elle fabrique.
Il n’a pas découvert cette entreprise en cherchant un poste. Il en avait déjà une image, avant l’offre.
Une entreprise connue recrute dans le même marché tendu qu’une entreprise inconnue. Elle recrute mieux.

Pourquoi une bonne offre d’emploi ne suffit plus ?
Vous pouvez réécrire votre offre dix fois. La publier sur cinq plateformes. Si l’entreprise qui la signe n’existe pour personne en dehors de ses clients actuels, l’offre reste invisible. Même bien écrite. Même bien diffusée.
Le problème ne vient pas de la rédaction. Il vient de l’antériorité : on postule rarement chez un « inconnu » avec le même enthousiasme que chez quelqu’un dont on a déjà entendu parler.
Vous entendrez peut-être parler d’un ralentissement national du recrutement. L’enquête BMO 2026 de France Travail confirme un recul des difficultés de recrutement, tous secteurs confondus, de 50,1 % à 43,8 % en un an. Elle confirme aussi que ce sont les petites entreprises qui portent l’essentiel des embauches en France, deux sur trois. Ce recul national ne se retrouve pas dans l’industrie manufacturière savoyarde. Le chiffre local, 63 %, reste largement au-dessus de la moyenne.
La visibilité, est-ce la même chose que la marque employeur ?
On vous parlera de marque employeur. Page carrière soignée, témoignages de salariés, présence sur les réseaux dédiés au recrutement. Ce n’est pas inutile. Ce n’est pas non plus le sujet dont on parle ici.
La marque employeur s’adresse à quelqu’un qui cherche déjà un emploi chez vous. La visibilité dont il est question précède cette étape. Elle s’adresse à quelqu’un qui ne cherche rien du tout, pas encore.
Vous ne pouvez pas soigner votre image de recruteur si vous n’avez pas d’abord une image tout court.
Trois questions pour situer votre propre point de friction
- En dehors de vos clients, combien de personnes sont capables d’expliquer clairement ce que fait votre entreprise ?
- Que découvre un candidat potentiel lorsqu’il fait une recherche sur votre société ?
- Combien de personnes entendent parler de vous lorsqu’aucun recrutement n’est en cours ?
Si ces questions vous « mettent mal à l’aise », votre principal problème de recrutement ne se situe peut-être ni dans votre grille salariale, ni dans vos process RH. Il se situe dans votre visibilité.
Le recrutement commence avant l’offre d’emploi
Les ressources humaines jouent un rôle essentiel dans le recrutement. Mais elles interviennent souvent à la fin d’un processus qui commence ailleurs.
Bien avant la rédaction d’une annonce. Bien avant un entretien. Bien avant l’expression d’un besoin.
Il commence au moment où une entreprise décide d’exister dans l’esprit de ses futurs collaborateurs, avec la même régularité qu’elle cherche à exister dans celui de ses futurs clients.
C’est à cet endroit précis que le marketing cesse d’être un sujet de communication pour devenir un levier de recrutement.
Il commence au moment où une entreprise décide d’exister dans l’esprit de ses futurs collaborateurs, avec la même régularité qu’elle cherche à exister dans celui de ses futurs clients.
C’est à cet endroit précis que le marketing cesse d’être un sujet de communication pour devenir un levier de recrutement.
La prochaine difficulté de recrutement que vous rencontrerez ne viendra peut-être pas d’un manque de candidats, mais d’un manque de visibilité avant même qu’ils ne commencent à chercher.
Avant de publier votre prochaine offre, osez vous poser cette question : combien de personnes auraient spontanément pensé à votre entreprise sans cette offre ?

